Vera – Karl Geary

J’ai adoré ce roman, écrit avec un style nouveau ou l’auteur parle de son personnage principal en le tutoyant, s’adressant toujours directement à lui. C’est étonnant au début, on est perplexe et puis on s’habitue très vite, et en naît une espèce d’osmose entre l’auteur, le héros et le lecteur. En naît également une vive intimité qu’on a à chaque reprise le plaisir de revivre, on ne perd pas le fil dans ce roman, l’histoire en est singulière, l’émotion y est présente et le rapport humain riche et décrit sous plusieurs circonstances toutes plus véridiques les unes que les autres. Une histoire d’amour singulière entre une bourgeoise d’un age certain et un jeune lycéen mature d’un milieu très défavorisé. Bien sur au début, une sorte de pitié se dégage de l’attitude de Véra, mais petit à petit Sonny gagne du terrain dans son coeur car dans la maladie déjà bien avancée que subit Véra, seul Sonny, découvrant cette nouvelle forme de vie, ce niveau social, sait lui apporter le réconfort dû à une fin de vie. L’amour prend forme entre eux avec la même intensité, l’évolution des sentiments est habilement décrite, le niveau romanesque est haut, la qualité littéraire aussi. En bref, une véritable histoire accueillante, prenante et dépaysante socialement, une vraie réussite qui m’a donné beaucoup de plaisir…

Publicités
Publié dans Livres | Laisser un commentaire

Le mystère Henri Pick – David Foenkinos

Voilà bien un David Foenkinos  à cent pour cent ! Ce style si doux, si tranquille et si apaisant… même l’histoire c’est du pur David Foenkinos. Un zeste d’aventure amoureuse, un zeste de suspens, un zeste d’intrigue et nous voilà transportés dans une aventure un peu rocambolesque et toujours d’une grande douceur. Pour autant, j’ai trouvé moins de plaisir dans ce roman que par exemple « le liseur du 6h27 » ou quelque chose comme  ça, j’ai lu ça il y a un certain temps déjà et la prose me semble du même acabit.. Ici l’intrigue est un peu vaseuse, peu claire et entourée d’une trop grande multitude de personnages. Comme souvent, à moins de lire le livre en une traite, on s’y perd. Et puis quelques digressions propres aussi à cet auteur qui en profite souvent pour nous délivrer quelques messages je pense… mais on n’attend pas  toujours ça d’un roman et ça peut devenir fatigant. Bref, un bon petit roman qui se laisse lire mais sans réelle conviction il faut le dire quand même. Tout repose sur la véritable identité de l’auteur d’un roman retrouvé par hasard et dont les soupçons se portent sur un personnage improbable dans le rôle de l’écrivain, d’ou l’enquête de la bibliothécaire…

Publié dans Livres | Laisser un commentaire

Des hommes sans femmes – Haruki Murakami

Un recueil de cinq ou six nouvelles, ce qui fait bien mon affaire parce que ne connaissant pas cet auteur, je me demandais s’il allait être ma tasse de thé. A propos d’un japonais c’est drôle :-). Donc un roman de quatre cents pages que vous n’appréciez que moyennement, ce serait fastidieux. Tandis que là, les histoires si elles sont bof, on les termine vite et on passe à une autre. Au final,  l’auteur se laisse lire, le style est carré, sans fioriture, les idées sont un peu asiatiques c’est clair, et j’imagine que la traduction ne doit pas être aisée. Ça donne des récits un peu secs, pas du tout étendus sur l’émotion mais plutôt axés sur les faits et avec une impression un peu synthétiques. L’approche japonaise dans la perception se fait sentir, pour ma part c’est ce que je cherchais un peu. De ce coté là, c’est réussi. Du coté grande littérature, c’est autre chose, on n’y est pas. Les nouvelles sont aussi étranges que peuvent l’être des nouvelles souvent, sans vraiment de conclusion, laissées à l’imagination du lecteur. Le sujet est traité quelquefois de façon obscure, voire surnaturelle, on se perd un peu mais en même temps on s’imprègne aussi de cette étrangeté. Bon voilà, j’ai fait mon expérience !

Publié dans Livres | Laisser un commentaire

Les prénoms épicènes – Amélie Nothomb

Les prénoms épicènes : portés au féminin comme au masculin. Amélie Nothomb compose une histoire autour de cet élément bien qu’il n’ait aucune importance dans cette histoire. De mon auteur préféré, j’ai lu meilleur, mais cette prose n’échappe pas à l’intérêt qu’elle fait naître en moi par son habituel mystère et sa légendaire habileté. L’histoire en elle-même ne suscite guère d’intérêt, on sent même que l’auteur rame un peu pour en extraire le suc qui dans l’idée pourrait exister mais sans doute un leurre car même Amélie Nothomb semble s’y être cassée les dents. Ceci donne un roman intrigant, sympathique, toujours majestueusement écrit mais sans réelle substance. Bah ça peut lui arriver hein, l’ensemble reste supérieur quand même à tant d’autres choses. L’histoire relate les manigances d’un homme pour retrouver son amour de jeunesse jamais oublié, qui utilisent sa propre femme du moment dans la tromperie jusqu’à ce que ce soit elle-même qui produise la rencontre, dans la plus grande ignorance. Intéressant dans les faits, mais je reste persuadé que l’auteur a raté son coup, elle n’a pas réussi à sortir la substance profonde qu’elle fabrique habituellement. Vivement septembre prochain !

Publié dans Livres | Laisser un commentaire

Riquet à la houppe – Amélie Nothomb

Moi qui étais sûr d’avoir tout lu d’Amélie Nothomb je suis tombé à la renverse en découvrant que, croyant le contraire, je n’avais pas lu Riquet à la houppe. Mondieu quelle délectation de retrouver ce style incomparable, cette imagination fertile et débordante, ce jonglage avec les mots et cette richesse intense du style de cette fabuleuse écrivaine. Oui je suis élogieux parce que j’adore ce qu’elle fait, cette capacité à émettre plusieurs idées dans une courte phrase, ce style aux vertus apaisantes, cette détente qu’elle produit en vous, et cette réflexion qu’elle vous inspire. Amélie Nothomb c’est pour moi  la Bombe Littéraire. Boom ! A chaque fois ou presque, elle seule me permet de me réjouir à ce point, de lire le sourire aux lèvres. Avec Riquet à la houppe, on est transporté dans deux mondes d’enfants différents par leur nature (d’enfant) et par leurs cadres de vie. Et puis à la fin, l’auteur les fait se rencontrer bien sur, avec une habileté géniale. L’histoire est bien, mais là n’est pas l’essentiel, il est dans sa prose, la complexité simple (oui mais je me comprends) de ses phrases, de ses pages. Du pur génie qui vous passionne et vous ferait souhaiter que jamais ne s’arrêtent ces pages là…Excellente lecture transportante, extasiante…

Publié dans Livres | Laisser un commentaire

Numéro 11 – Jonathan Coe

Alors je vais avoir beaucoup de peine à parler de ce livre parce qu’il m’a fallu un mois pour le lire, rien à voir  avec le bouquin mais question de disponibilité de ma part. Résultat, à chaque reprise j’étais incapable de me souvenir de ce que j’avais lu auparavant en me disant que ça allait vite revenir après quelques pages. Mais que nenni ! Comme le style est bon et facilement lisible, j’ai poursuivi, juste familier avec les personnages, mais dont j’étais incapable de leur attribuer une histoire ou un rôle. Contrariant n’est-ce pas… D’autant plus difficile à assimiler que l’auteur a croisé cinq histoires différentes sensées se rencontrer à la fin. Oui mais moi  j’ai un tout petit cerveau et ce genre d’imbroglio ne me réussit pas. Donc je ne sais pas ce que j’ai  lu, demandez-moi  comment je suis arrivé au bout et pourquoi, je ne saurais quoi vous répondre. Juste que la lecture sur le plan stylistique fut agréable et que les rares repères qui m’ont servi de points communs entre mes différentes reprises m’ont suffi. Alors voilà, vous êtes bien avancés avec un avis d’une aussi riche composition 🙂

 

Publié dans Livres | Laisser un commentaire

Portnoy et son complexe – Philip Roth

Ce livre est tellement bizarre que je ne sais pas si je dois rire ou pleurer ? Une histoire triste ou comique ? Vraie ou inventée de toutes parts ? En un mot, ce livre relate le drame du protagoniste d’être juif. Il raille tout au long des chapitres ce monde juif, avec tous ces clichés, la mère juive, la religion, l’histoire etc… Et ça lui pèse toutes ces foutaises à Portnoy, ça lui pèse tellement qu’il ne peut plus rien supporter de juif. Tout ça est raconté dans un humour quelquefois scabreux, mais qui donne un entrain évident au livre, tout est à cent à l’heure,  drôle d’un coté, amère de l’autre, sur un rythme emballé, décousu parfois ou les dialogues se télescopent sans guillemets, sans tiret à la ligne, ou tout s’imbrique donnant du fil à retordre au lecteur. Et le laissant dans un étrange sentiment, c’était bien ou nul ce livre ?? Disons drôle, ça c’est sur, caustique même, tirant à boulets rouges et en même temps attendrissant et décontenançant. Bref, une expérience littéraire de plus, enrichissante mais le style de l’auteur est volontairement ou pas si saccadé qu’il use un peu. Mais bon, allez… un bon moment je crois quand même !

Publié dans Livres | Laisser un commentaire